Bonjour à tous, amis peintres et dessinateurs! Qu’on soit artiste ou écrivain, on est tous confrontés à la même peur un jour : la peur de la page blanche. On a envie de dessiner, on a envie de s’y mettre, on attrape son crayon, son stylo, son pinceau ou son stylet et… Rien ne vient! Sachez tout d’abord que cela est arrivé, arrivera ou arrive à tout le monde. Personne n’est à l’abri d’une petite panne. Par exemple, il m’arrive souvent après une grosse peinture de me sentir « à plat » et  incapable de rebondir sur un nouveau projet. Il m’arrive aussi d’avoir fait un série de peintures assez moyenne et de me sentir lassée. Il m’arrive aussi tout simplement d’avoir un encéphalogramme plat devant mon plan de travail, ou alors de douter de mes propres capacités. Le gros problème est que ça entraine de grands moments de doutes sur ses propres capacités. On se sent un peu vide sur le moment et on relâche la pratique. Les séances de dessins s’espacent et il devient compliqué de reprendre une certaine régularité.

Alors face au vide intersidéral qui nous prend tous un jour ou l’autre, ne nous laissons pas abattre et trouvons la parade! 🙂

Retrouver la Flamme : reconnectez-vous à vos débuts

image png coeur cherish love hippie
« We should cherish the love » – Kool & the Gang. Un petit cœur fait juste pour vous ♥

La première question que j’aimerais vous poser est : comment vous êtes vous rencontré, votre art et vous? Qu’est-ce qui vous a attiré l’un vers l’autre, qu’est-ce qui provoquait chez vous ces papillons dans le ventre lorsque vous vous donniez rendez-vous devant une feuille blanche? Comme pour une relation amoureuse, lorsque les liens se distendent par la routine, l’habitude, les gestes tellement habituels qu’ils en deviennent routiniers, revenez à vous débuts, recréez ce lien unique que vous aviez et remontez dans le temps. Que ce soit pour une perte d’élan ou pour un gros doute existentiel, cela vous aidera à faire renaitre la flamme créatrice en vous et vous motiver pour dessiner.

Souvenez-vous, à vos débuts, qu’est-ce qui vous avait motivé à dessiner? Quelle est l’origine de votre flamme créatrice? Quels espoirs aviez-vous, que vouliez-vous exprimer? Pour ma part, j’avais toujours dessiné mais le jour de la découverte des RPG avait été un vraie claque : comme les concepteurs de jeux-vidéos, moi aussi je voulais créer un monde fantastique où tout pouvait arriver. Je me reconnecte à cette envie fondamentale lorsque je suis en panne, ou lorsque je traverse une période de doute artistique existentiel.

Traquer l’inspiration : le chasseur d’idées

Pas envie de vous mettre à l’ouvrage, mais envie d’avoir la sensation d’avoir fait avancer votre travail artistique? Traquez les idées!Voici quelques idées de lieux de chasse et ce que vous pourrez en faire :

  • Allez voir des galeries d’artistes : s’inspirer du travail des autres pour se motiver à progresser. Observer pour cerner ce qui marche, ce qui marche pas, le processus de création des autres.
  • Lire un roman, regarder un film ou jouer à un nouveau jeu vidéo : tout simplement pour apporter un peu d’air frais à votre paysage créatif, une nouvelle atmosphère, de nouveaux concepts que vous pourrez ensuite refaire, réinterpréter à « votre sauce ». « Oh la magie dans cet univers, trop chouette! » « ce personnage a vraiment une classe d’enfer, je vais l’illustrer »  « l’histoire est bien mais je l’aurais faite différent… » « tiens c’est joli cette association de l’univers asiatique et viking ça me donne des idées pour mes prochains personnages ».
  • Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à faire les expositions, les salons : pour voir ce qui se fait actuellement. Ca ouvre les horizons.
  • Sortez, prenez des photos ou faites des croquis : les prochaines idées d’illustrations ou de tableaux se nichent peut-être à quelques pas de chez vous!
  • Ouvrez vos chakras, regardez une photo et imaginez une histoire… Pourquoi pas une illustration en devenir?
La fille aux rêves brisés, format : 31,55 x 22,54cm, peinture digitale réalisée sous photoshop
La fille aux rêves brisés, format : 31,55 x 22,54cm, peinture digitale réalisée sous photoshop

Par exemple, ce tableau est inspirée d’une photo où une demoiselle s’était déguisée en poupée. Passive et sans expression, j’avais alors imaginée qu’elle retenait toutes ses émotions en elle et que, peut-être, un drame s’était déroulé en brisant quelque chose en elle mais sans qu’elle ait la possibilité de le montrer. J’ai donc tenté d’illustrer cette émotion en contrastant le fond et la robe. Le fond représente ce qui se passe en elle, et la robe représente l’image sociale qu’elle se doit d’avoir. La peau est délibérément laissée avec peu de contrastes comparée avec la robe, car je voulais montrer sa fraicheur et surtout sa fragilité mais qui, au final, comptent moins que l’apparence sociale : on regarde plus la robe que son visage.

 

Laisser la main décider : le dessin aléatoire

Parfois, nous pouvons être bloqué par la peur de l’échec notamment après une série d’œuvres un peu frustrante, ou après un travail qui nous a particulièrement plu. Parfois, nous sommes confrontés à des blocages inconscients, dus à des chocs, des émotions fortes, une paralysie de la pensée. Alors lâchez-prise. Prenez un gros pinceaux, un gros feutre, quelque chose d’épais sur un grand format et libérez la main. Laissez-vous porter par le geste, tout simplement. Dix secondes ou dix heures, peu importe. Imaginez une sorte de méditation et concentrez vous sur une pensée.Et surtout ne brimez ni vos gestes, ni vos envies. Au fond, le résultat n’importe peu l’important est la démarche.

Quelques idées pour se concentrer dessus tout en lâchant votre geste :

  • Libérez le « monstre » qui grignote votre inspiration : laissez-le s’exprimer, libérez le sur le papier, la toile, votre fichier. Sortez le de vous pour qu’il ne revienne plus!
  • Libérez l’émotion qui vous ronge : si vous ne trouvez pas de mots, qu’importe! Exprimez-vous en geste. Gestes vifs, saccadés ou lents, amples, exprimez-vous à travers les couleurs… Libérez l’émotion, ressentez-la du fond des tripes, autorisez-vous à la vivre pleinement et exprimez-la dans votre format – quelle soit positive ou négative!
  • Libérez votre créativité : imaginez que vous êtes un moteur à création, qu’il y a une matière brute à l’intérieur et qu’il faut la libérer pour qu’elle exprime toutes les potentialités qu’elle porte. Oui, vous avez ça en vous, laissez-lui libre cours, comme un fleuve ou une explosion créative et ne vous brimez plus. Envie de poser le pinceau ici? Allez-y!
  • Imaginez que vous êtes l’explorateur de votre monde intérieur et sans calcul ni rien, vous peignez au fur et à mesure que vous découvrez le paysage : une tache, une ligne, une forme…

Le résultat est aléatoire, pas forcément beau mais toujours surprenant : c’est le but. Non seulement personne n’est à l’abri d’une bonne surprise – on ne sait jamais, le résultat est peut-être montrable – mais en plus, vous venez d’enrichir votre démarche d’artiste et de vous connecter à vous-même. L’inspiration peut revenir de cette libération de ce qui vous contraignait en fond et vous empêchait de créer, mais aussi de la démarche (« tiens, c’était vraiment pas mal cette histoire, je vais essayer de faire des séries comme ça, je verrai ce que ça donne ») ou du résultat (« oh, on dirait une femme ici, ou un paysage, tiens si je faisais ça et ça, ça aurait un chouette rendu…. »)

Le monstre Fatigue, ou la sensation écrasante qui me prend lorsque j'ai envie de créer mais que la fatigue m'écrase et que je perds toute volonté.
Le monstre Fatigue.

Voilà un petit exemple de mon cru, je l’ai appelé , le Monstre Fatigue ou la sensation écrasante qui me prend lorsque j’ai envie de créer mais que la fatigue m’écrase et que je perds toute volonté

 

 

 

 

C’est en forgeant que l’on devient forgeron :

Il n’y pas de mystère : se mettre régulièrement à son œuvre habitue le cerveau… à l’habitude. Plus vous dessinerez et plus vous aurez de facilité à vous y mettre. Si vous n’avez pas la motivation nécessaire à vous mettre à votre œuvre et bien, tant pis : faites des croquis. C’est l’anti-chambre du peintre, le laboratoire de test, une extension de votre tête ou vous pouvez créer en toute liberté puisque les croquis ne sont pas destinés à être montrés. Optez pour une séance de croquis à heure fixe ou à un moment clé : après manger, au levé etc. Et donnez-vous un temps minimal : « je ferai 30 min de croquis par jour, c’est envisageable! ». 30min tous les jours est bien meilleur pour votre niveau, votre motivation et votre inspiration. Gardez sous la main les photos que vous prenez, les « stocks » faits par des artistes et faites des croquis. Réunissez ensuite vos croquis ensemble et quand vous êtes en panne, regardez-le : déjà c’est encourageant d’observer ses progrès, ais en plus avec le recul, certains croquis peuvent être des pépites non exploités pour de futures illustrations.

C’est comme ça que j’ai pu être inspirée pour certaines peintures faites à mes proches, que j’ai trouvé des idées pour des illustrations. Pour éviter l’ennui, variez les exercices : les sujets (corps humain, paysage, animal…), le temps consacré à chacun (1 minute ou 1 heure, le rendu et le travail ne sera pas le même!) la technique (en tache, en traits, ou autre… ). Ci-dessous, deux croquis mais la photo de référence est la même.

Tout en couleurs : plus la couleur est froide, et plus le plan est éloigné. Effet d'optique employé par les fauvistes.
Tout en couleurs : plus la couleur est froide, et plus le plan est éloigné. Effet d’optique employé par les fauvistes.
Tout en trait et en lignes qui se croisent : moins on voit de blanc, et plus c'est sombre.
Tout en trait et en lignes qui se croisent : moins on voit de blanc, et plus c’est sombre.

En panne d’idées pour faire des croquis? Je reviens très prochainement pour un nouvel article consacré à différents exercices que vous pourrez faire très simplement chez vous 🙂

Merci de m’avoir lue et à bientôt!

 

Publicités